miloutractou

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Tu ne pleure pas mémé?

Tu ne pleures pas mémé ?

Mon amant est au ciel ;
Il s’en est allé cette nuit discrètement,
Dans un soupir tout doucement,
Moi qui veillais son sommeil,
Mon amant est au ciel.

Reste en moi mon ami,
Tu es mon milieu profondément.
Tiens- moi secrètement compagnie
Que les autres ne le voient pas,
Donne- moi le bras,
Je vais marcher encore un peu,
Prier patiemment notre dieu,
Que tu ne m’attendes pas trop longtemps.

Mon mari repose en terre
Bien tranquille dans une boîte,
Je ne peux rien y faire,
Mes mains sont toutes moites.
Sur sa stèle au couchant
Je n’irais pas en pleurant
Trop heureuse
De notre longue vie partagée
Tellement merveilleuse
Finalement,
Je l’ai aimé comme une enragée.
Ma peine ne tient pas dans un mouchoir,
Il va me manquer
J’ai besoin de croire,
A son éternité, je vais trinquer !

Mon amant est au ciel.
Il s’en est allé cette nuit discrètement,
Dans un soupir tout doucement,
Moi qui veillais son sommeil,
Mon amant est au ciel.


Cécile CHENARD

La politesse


La politesse

Dis maman pourquoi
Quand aux anciens je dis bonjour
Ils ne répondent pas toujours
Dis maman pourquoi
Attends-tu de moi une politesse
Si les grands perdent leur sagesse
Dis maman pourquoi
Peut être que leurs oreilles sont usées
Et qu’ils n’ont plus envie de s’amuser
Maman s’il te plaît, dis-moi que c’est ça !

Cécile Chenard

Aimer

On aime quand ?
Quand c’est le moment,
On aime passionnément,
On aime comment ?
On aime, simplement !
Et le temps pose sur nos têtes ses fils d’argent
Alors on aime sagement…

Cécile Chenard

Le bonheur bien rangé

Le bonheur bien rangé.

Nous avons déjà affronté le monstrueux,
Maintenant quant il fait noir,
Nous rêvons nos futurs merveilleux,
Je fais comme toi Pépé le soir,
Un à un je ferme mes volets,
Parce que je ne sais plus qui croire,
Je nous mets à l’abri du laid,
Ainsi avec mon précieux présent,
Nous veillons notre bonheur bien rangé,
La douce chaleur des beaux moments,
Qu’il nous faut protéger.
Quand la nuit s’approche,
Je pense à toi Pépé
Quand le temps décroche,
Aux tendres instants échappés
Je tiens mon bonheur bien rangé.

Cécile CHENARD

La boulangère

Je ne m’en suis jamais remis
Quand ce jour elle est partie
Bien sûr, depuis j’ai dormi
Mais je devins bien plus petit.

Enfin un matin, je suis sorti
Parler à la boulangère,
Lui acheter mon pain
Qu’est ce que je vous sers
Elle me dit,
Rien, je répondis
Je pétris mon chagrin
Je cueille des fougères,
Cela ne calme pas ma faim,
Cela n’apaise pas mes nerfs,
Donner moi un éclair au café
Non, plutôt une religieuse
Pour pardonner ce que j’ai fait
Je n’ai pas l’âme joyeuse
J’ai besoin de me remplir
Du vide qu’elle m’a laissé
Je n’ai plus aucun désir
Tellement je l’ai blessée.

Non, madame la boulangère,
Pas de friandises,
Il faut que je digère
Ma toute grande bêtise
Donnez- moi une baguette
Que le me frappe que je regrette !

Cécile CHENARD

Les portes

Je hais les portes !
Il faut les enfoncer,
Toutes les portes
Sont à défoncer,
Surtout les portes roses
Celles qui cachent les choses
Et les portes closes
Les mortelles pauses
Les portes fermées
Qui claquent nos nez
Abattez les portes !
Ou laissez- les ouvertes
De toutes les sortes
Béantes à nos découvertes !

Cécile CHENARD