Jeane Saliceti

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Vente publique - AKOUN 2008 - jeane saliceti prix 1800e

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Biographie

JEANE SALICETI


Née le 4 septembre 1883, Jeane Albertine Louise SALICETI décédera à TARBES le 5 Octobre 1959.
Le père, Paul Félix Dominique SALICETI, corse d’origine, servait dans l’Armée en qualité d’Officier. La mère, Marguerite JOUANOLOU, une bigourdane, était la fille du docteur JOUANOLOU, qui, sa vie durant exerça la médecine au village de Juillan, entre TARBES et LOURDES. En plus de Jeane, la famille SALICETI-JOUANOLOU comptait trois autres enfants, également des filles : Joséphine Marie Léontine née en 1885, Marie Madeleine (1887) et Adélaïde Toussainte prénommée encore Santuccia (1894).
Les deux aînées manifestèrent, de bonne heure, un goût marqué pour le dessin. Cette disposition fut prise au sérieux à l’égard de Joséphine qui, après avoir suivi les cours de l’Ecole des Arts a TARBES, monta à PARIS pour se perfectionner et acquérir un diplôme d’enseignement qu’elle exploitera, comme professeur dans les Institution confessionnelles de la ville natale. Quant à Jeane, même si l’on estimât que ses dons naturels se prêteraient difficilement à une discipline imposée par des maîtres, elle accompagna sa sœur à PARIS. Et ce que l’on craignait, arriva, heureusement dirons nous. Rétive à tout enseignement didactique, la jeune étudiante découragea son premier mentor. Assise dans un coin du LOUVRE, il lui était demandé de reproduire sur un grand carton blanc, posé à même les genoux, la scène qui revivait devant elle dans un tableau de DELACROIX. Loin de copier servilement le sujet Jeane SALICETI, sous le choc de l’éblouissement, s’appliquait à exprimer ce qu’elle ressentait profondément. M. LEROUX, le maître redouté, approcha, et, agacé, s’écria sans ménagement : « Mademoiselle SALICETI, vous perdez votre temps dans cette galerie. Vous n’apprendrez jamais à dessiner ».
Tout autre élève eût reçu cette annonce comme un coup de grâce. Mais Jeane brûlait de sa propre foi en elle-même. Au surplus elle trouvait meilleur écho à ses recherches esthétiques dans des ateliers privés auprès de maîtres autrement compréhensifs et perspicaces, tel Jules ADLER qui s’intéressa à ses ébauches, l’encouragea vivement et lui prodigua d’utiles conseils dans la voie où, par penchant naturel, elle s’orientait. DD’ailleurs, comment, à cette époque, eût-elle échappé aux influences qui, dans les bouillonnements de l’impressionnisme, agitaient le monde artistique et reléguaient au moindre rang les académismes officiels.

Jeane SALICETI,exalta son admiration pour BONNARD qu’elle connut, de même que sa contemplation des grands soleils de VAN GOGH vira à la fascination.
A son retour à TARBES, Jeane SALICETI rapportera, de son stage parisien, une vision personnelle de la peinture. Pour elle, la technique compte moins que la traduction de sa propre sensibilité et, plus encore que l’aspect des choses, l’instinct de beauté qui l’anime et qui l’étoufferait, si elle ne pouvait l’extérioriser. Rien ne l’arrêtera dans son ardeur de s’exprimer en artiste libre, ni les railleries jalouses de l’entourage, ni les critiques acerbes ou feutrées de soi-disant connaisseurs attardés.
Elle s’installe chez elle, à l’angle des rues MASSEY et Jean LARCHER, aménage un atelier dont elle pare les murs de fresques inspirées et, là, dans un paradis imaginaire, elle s’abandonne à son rêve que caresse le souffle créateur, son rêve de toujours, peindre, peindre pour soi, pour s’épancher, pour s’épanouir, loin des chapelles oppressantes, loin des démêlés mercantiles.
Ses relations avec le monde officiel se borneront à l’envoi, chaque année, d’une ou deux toiles, au Salon des Indépendants où, à défaut de publicité, ces œuvres resteront inaperçues, reléguées dans quelques coins d’ombre, à l’écart des cimaises abusives. Jusqu’au jour où le destin frappera à la porte. Cela arrive parfois aux gens méritants, surtout s’ils ont du talent.
C’est le temps de l’occupation et des privations. Jeane SALICETI se repose au préventorium d’ASTUGUE. Elle a pour amie une jeune parisienne qui, elle aussi se fait une santé à l’air pur des montagnes. Le père de celle-ci, un riche amateur d’art, vient voir sa fille et, découvrant les esquisses de Mlle SALICETI, qui, bien entendu, continue de peindre, ne serait-ce que pour rompre la monotonie des heures, ce fin connaisseur apprécie les tableaux exposés sous ses yeux. Il reviendra, à TARBES cette fois, et il emportera ce qui lui semble le meilleur de toute une production demeurée en souffrance dans l’attente d’une clientèle d’amateurs avisés.
Avec la réussite, Jeane SALICETI, connue, estimée, trouvera l’aisance, du moins pour un temps. Des expositions lui seront consacrées à Paris, les revues spécialisées parleront de l’artiste et des exploitants de galeries feront commerce de ses œuvres (FORGEOT-BIGNOU-GUILLET).
Et puis, le temps passe, l’âge vient. Jeane SALICETI vieillit. Son œuvre n’éveille plus le même intérêt. La vie devient difficile. Jeane continue à peindre par plaisir, par besoin d’âme, comme qui s’abandonne à des drogues pour se créer et maintenir un paradis artificiel où s’oublient les misères et s’apaisent les souffrances. Elle ira à la recherche de toute sorte de supports pour pallier le manque de toiles, mendiera des cartons usagés et couvrira de couleurs délayées par souci d’économie des papiers où subsistent les traces d’une première utilisation : calendriers, illustrés, portées musicales, etc… De ces vestiges, il en est, simples croquis exhumés de greniers poussiéreux, qui, autant sinon plus que les tableaux signés, témoignent du grand talent de Jeane SALICETI.
La réputation, qui lui est faite, d’un excellent peintre de floralies n’est pas usurpée, mais on ne retient que l’une des facettes de son art. Rarement isolées, le plus souvent rassemblées en gerbes, en bouquets, les fleurs, ainsi que les coupes de fruits, jaillissent dans un environnement d’objets qui nous révèlent le milieu ambiant, le cadre de vie de l’artiste, son intimité.
La répétition de détails insolites (figurines, conque marine, jouets d’enfants…) nous livre le secrets de ses obsessions, des fantasmes dont l’auteur se libère à l’aide des pinceaux. D’autre part, il serait injuste de vouloir ignorer les autres sujets d’inspiration dans lesquels Jeane SALICETI s’est complu, élargissant sa palette avec un égal bonheur : les paysages, où l’œil ne se borne pas à enregistrer le spectacle qui s’offre devant lui mais répond, de l’intérieur, à l’émotion ressentie aux battements du cœur – les portraits, particulièrement des visages d’enfants éclatants de vérité instantanée et significatifs de surprise, de curiosité, de timidité, d’innocence – ou, encore, les évocations religieuses dans les formes évanescentes sous les ombres laiteuses.
Quant à la facture des peintres, un examen attentif et comparatif autorise à les classer, en gros, sous trois périodes. Les œuvres de jeunesse se ressentent moins des enseignements reçus, qui n’atteignaient guère Jeane, que de ce qu’elle a vu pendant son séjour parisien, de ce qui se tramait dans le milieu des artistes, de l’évolution qui se manifestait avec les apports de l’impressionnisme. Les compositions accusent les influences subies. Les contours sont imprécis, les coloris dominant avec des roses tendres, des bleus pâles et des jaunes de miel. C’est frais, pimpant, mais le plaisir reste direct.
Puis l’artiste mûrit. Avec l’âge perce sa personnalité qui s’affirme dans le mode d’expression. La maîtrise de son art se signale par la vigueur des traits, la richesse des tons et ce que l’ensemble confondu des composantes offre de suggestif jusqu’à l’enchantement. Enfin, invisiblement, on voit cette noble peinture s’assombrir, s’alourdir presque ; la pâte s’épaissit comme sous le poids d’une souffrance, d’une angoisse, d’un désespoir. Les traits sont appuyés et une sorte de mystérieuse tension, une ferveur mystique se dégage de teintes mauves, lie de vin, parmi des bleus d’ardoise que les blancs mâts n’éclaircissent guère. Jeane SALICETI est déjà dans l’au-delà, où la magie de sa peinture nous entraîne.
Après l’enjouement et le ravissement, voici, pour les admirateurs de l’artiste, l’envoûtement.




JEANE SALICETI
(article de presse parisienne)
Raffinée, élégante, cultivée, servie par une habileté jamais démentie et une sensibilité toujours en éveil. La peinture de Jeane SALICETI tien compte de toutes les conquêtes de l’art contemporain.
Toutes les techniques, elle les a assimilées et elle nous offre une synthèse qui, si elle est loin d’être originale, ne manque pas de charme, ses intérieurs évoquent BONNARD, ses paysages un VAN GOGH adouci, ses fleurs et ses natures mortes un mélange de ces deux Maîtres.
La peinture de SALICETI, faite pour plaire, plaira à coup sûr.
Quels sont les artistes qui peuvent se vanter d’atteindre aussi certainement leur but ?

1973 – DU 5 AU 26 JANVIER (GALERIE BIGNOU – PARIS)

Vente à Versailles 19 OCTOBRE 1975 6 F Fleurs 2 000 F

Vente à Paris par la Galerie Fleurs 1976 6 F 4 000 F

Achat de plusieurs tableaux par la Tour Maubourg à PARIS.