2025 – Résurgences et ancrage naissant

Le Sud est loin. Géographiquement et dans le temps. Le deuil n’est pas achevé. Villas décadentes, années folles, mistral, regards anciens reviennent en rêve. Je mélange lieux et époques sans retenue : Villa Noailles, Rayolet, Faustine, roaring twenties. Le rêve jouxte le cauchemar : Catharsis d’un collcab.
En septembre, travaux terminés, papier peint posé : le plaisir de peindre revient intact, vif. Les toiles s’enchaînent. La Bourgogne réclame sa place, discrète. D’autres rêves de peintures pointent dans mon esprit, une envie de japonisme qui viendra à temps voulu, ce sera probablement 2026 ou 2027. Que de retard j’accumule, mais j’en ai tellement que je n’ose y penser.
2025 est un passage : résurgences assumées, catharsis achevée, ancrage progressif. Le Sud s’éloigne sans disparaître ; la Bourgogne s’approche sans dominer. La peinture, elle, continue : lumière, instants suspendus, geste ininterrompu.

2024 – Le temps des maturations

En 2024, les travaux et l’installation accaparent encore une grande partie de mon énergie, me tenant à distance d'une pleine disponibilité pour l'atelier. Pourtant, la peinture ne s'arrête pas ; elle fermente. Je peins par percées, saisissant des instants entre deux tâches, tout en sentant de nouvelles idées germer.
Cette année est un carrefour d'inspirations où les territoires se bousculent. Il y a la Bretagne, dont les paysages appellent déjà une future série, la Bourgogne que je continue de découvrir, et ces projets nés dans le Sud que je n'ai pas encore pu clore. Les idées s'accumulent et le temps manque, créant une tension fertile. Ce retard apparent est en réalité un précieux stock d'images et de désirs qui attendent leur heure. Chaque toile réalisée dans ces interstices devient alors une victoire sur les contraintes du moment.

2023 – L'ancrage et la persistance

L'année est dévorée par l'installation en Bourgogne, mais la peinture subsiste comme une flamme obstinée. Elle renaît d’abord avec un bouquet de lys, métaphore d’une résistance où l’essentiel survit à la perte. Le temps, qui m’avait tant manqué en 2022, devient mon allié. Pour le portrait de mon neveu dans le pré, je savoure ce temps retrouvé, peignant avec tendresse chaque brin d'herbe.
Je m'approprie ce nouveau territoire, troquant le mistral contre la pluie vivante et le vert généreux du Nohain. L'année se clôt sur une expérience nouvelle : l'acrylique sur grands panneaux de bois pour une exposition de Noël. Entre scènes de lavandières et draps sur l'herbe, je confirme mon plaisir de peindre, intact et prêt à déborder sitôt les travaux finis.

2022 – Tensions intérieures

C’est une période de transition profonde, dictée par l’imminence d’un déménagement en Bourgogne. Une course contre la montre s'engage : je peins dans l’urgence, hantée par la peur que le changement de lieu n’éteigne l'élan créatif. Cette précipitation laisse des traces sur la toile ; certaines œuvres semblent plus fragiles, presque épurées par l'inquiétude, témoignant d'une certaine tension ou d'un retrait.
Pourtant, c’est dans cette vulnérabilité que la peinture révèle son rôle le plus crucial : elle devient un ancrage, un acte de résistance face à l'incertitude. Malgré des ambitions parfois bousculées par les circonstances, l'acte de peindre reste vital. L'année s'achève sur un besoin de souffle, une pause nécessaire avant d'écrire la suite.

2021 – L’affirmation d’une direction

2021 marque un tournant : les toiles gagnent en cohérence et en exigence. J’explore natures mortes, scènes familiales, paysages et portraits intimes, avec le désir de capturer une vérité fragile et vécue.
Chaque tableau cherche la couleur juste, le détail essentiel, une lumière qui raconte. J’ose des teintes plus vives et des contrastes francs. La peinture devient un voyage dans la mémoire : souvenirs et rituels simples se transforment en instants suspendus.
Année de bascule où certaines œuvres ouvrent de nouvelles voies et où toutes témoignent d’un attachement viscéral à la lumière et au détail.

2020 – Les premiers pas

Tout commence en 2020 dans le sud de la France. Entre hésitations, essais, doutes et joies pures, j’explore la couleur, la lumière et les formes. Personnages timides, paysages naissants, natures mortes curieuses : chaque toile est un petit combat, un instant saisi par instinct et observation.
Année d’apprentissage joyeux et maladroit, pleine de tâtonnements, de victoires modestes, d’erreurs assumées et d’audaces naïves. Les peintures témoignent d’une curiosité vive, d’un plaisir brut et d’un humour discret – les premiers balbutiements d’un regard en quête de voix.